Sur place, le décor parle de lui-même. Des ouvriers à pied d’oeuvre sous un soleil ardent n’ont qu’un seul objectif, chaque jour poser un jalon de plus dans la réalisation de ce projet. Aujourd’hui, sans vouloir verser dans des taux d’exécution, Serigne Mame Thierno estime que les travaux avancent correctement. « En décembre 2018, nous avons fait la pause de la première pierre, ensuite nous avons fait les études nécessaires comme les grands projets. Les travaux ont démarré effectivement en mai 2019, nous venons de boucler deux ans et beaucoup de bâtiments sont sortis de terre. Aujourd’hui, nous avons bien avancé sur les travaux. Nous sommes pratiquement dans les seconds œuvres sur l’essentiel des bâtiments du complexe et c’est un pas important. Nous allons bientôt engager la voirie, l’assainissement, l’évacuation des eaux pluviales, le volet électrification etc. Notre objectif est de bien avancer pour boucler ce projet sur trois ou quatre ans. Nous prions « Allah-SWT » pour qu’il accorde encore longue vie à Serigne Mountakha Bassirou pour inaugurer ce complexe et d’autres projets », a-t-il ajouté.

Quoiqu’il en soit, estime Serigne Mame Thierno, nous avons encore une marge de deux ans par rapport à ce qui a été retenu : « Nous sommes dans les délais et nous espérons pouvoir boucler l’essentiel pour terminer ce projet. D’ailleurs, nous envisageons même si c’est possible, de démarrer les enseignements en douceur bientôt pour permettre à la commission pédagogique de tester un peu le système et d’être prêt le jour « J » avec la fin des travaux », a-t-il poursuivi.

Un mode de financement participatif

Avec un budget estimé au départ à près de 37 milliards FCFA, l’Université de Touba est ce qu’on pourrait appeler une propriété collective eu égard à son mode de financement assez participatif. Selon le coordonnateur des travaux, c’est d’ailleurs ce qui fait sa particularité. « Il y a une partie qui est financée par le Khalife général des Mourides. Mais il y a beaucoup d’acteurs, des talibés mourides qui interviennent de manière bénévole, qui construisent des bâtiments, notamment (l’institut islamique) par les hommes d’affaires de la communauté mouride, il y a les structures comme (Touba ca Kanam), Serigne Cheikh Abdou Hakim, qui fait la mosquée et le centre de santé moderne, (Keur khassida yi) avec les « hizbut Tarqyyah », les commerçants de Touba pour les deux amphithéâtres des autres dahiras sur le reste, pour le nouveau restaurant « euhlou shouada », la dahira des mourides des douanes, un certain nombre d’acteurs qui œuvrent à travers des actions spontanées ou qui travaillent de manière bénévoles, voilà quelques aspects de la particularité de ce complexe », a-t-il détaillé.

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