Le secteur du bâtiment et des travaux publics apparaît comme le plus dangereux. En outre, les ouvriers estiment qu’ils ne sont pas bien payés. Certains parlent d’exploitation économique.

« Les conditions sont très difficile et le revenu est très faible. Nous travaillons à longueur de journée pour gagner une modique somme qui ne sert pas à grand-chose. Nous sommes obligés de travailler au quotidien pour subvenir à nos besoins et soutenir nos familles », explique un ouvrier sous le sceau de l’anonymat. Trouvé dans un chantier en finition dans un coin de Dakar, ce jeune homme raconte le calvaire qu’il vive, lui et ses collègues au quotidien.

Transpirant à grosse gouttes, A. Diallo originaire de la Guinée doit supporter la canicule de Dakar pour mener à bien son activité. Dans un espace aménagé près du chantier, le jeune guinéen s’active dans le mélange du ciment et du gravât à travers une bétonnière. Cet engin sert à mélanger le béton constitué de ciment, de sable, de gravier et d’eau. Tous ces éléments seront rassemblés dans une cuve. Le sieur Diallo nous confie ce qu’il endure : « Nous nous rendons ici tous les matins depuis 2 mois. Nous percevons 3000 francs CFA. Vous imaginez, on travaille de 8 à 17h. Le plus déplorable est que nous n’avons pas de contrat de travail donc pas d’assurance. On n’a pas une autre alternative, car pour être payer il faut être présent ».

  1. Fall qui vient de la banlieue Dakaroise corrobore ses propos. Il explique qu’il doit gérer son transport et qu’il ne peut pas travailler toute une journée sans manger. Le jeune originaire de Yeumbeul estime qu’il s’agit purement et simplement d’une exploitation économique. Son inquiétude est plus orientée vers les accidents de travail : « On risque nos vies (rires) avec ce travail d’ouvriers. Si quelqu’un se blesse ou fait un accident de travail, c’est lui qui perd. Ce sont tes parents qui vont te soigner. C’est pour cette raison que je ne fais que le strict minimum ».

L’insécurité sur les lieux de travail est une réalité dont les ouvriers du bâtiment sont obligés de s’accommoder, en permanence. Comme dans plusieurs entreprises de différents secteurs, qu’elles soient publiques, étrangères ou privées, les conditions de sécurité sur les chantiers de construction laissent beaucoup à désirer. A croire que la vie humaine n’a pas de valeur. L’on constate de visu, que ces lieux de travail sont de véritables pièges, de véritables menaces, tant pour les ouvriers que pour les passants.

Pour I. Diop chef de chantier, les chantiers comportent certes risques mais ce n’est pas pour autant une raison pour oublier que tous ne peuvent pas avoir les mêmes paiements. Diop comme l’appelle ses collègues révèle qu’il y a plusieurs types d’ouvriers. A l’en croire, un travailleur dans un chantier peut être coffreur, maçon, électricien, couvreur, plombier… Le statut d’ouvrier qualifié comprend une grande variété de métiers. Lui qui perçoit 800 000 FCFA par jour indique que dans les chantiers, il y a des ouvriers qualifiés et non qualifiés : « Nous ne pouvons pas les payer au même prix. Ceux qui ont métier ont soit un contrat avec notre entreprise de construction ou gagne 5000 ou 6000 FCFA. Les non qualifiés, ils ne font qu’assister les autres. C’est très raisonnable qu’on leur paie 2500 ou 3000 FCFA ».

Un avis qui n’est pas partagé par M. Fall. Ce jeune ouvrier avance que même s’ils n’ont pas une qualification mais ils font tout le travail. « Les autres ne font que donner des ordres à longueur de journée. La réalité est qu’on nous exploite. Ces bâtiments sont construits à hauteur de plusieurs millions et nous, nous gagnons des miettes », regrette-t-il.