Dans très peu de temps, le Stade du Sénégal sera livré. Pour y arriver, il aura fallu l’implication d’experts. Mouhamed Diagne est l’un d’entre eux. Ingénieur en Génie civil en poste à la Sogip et ayant fait ses études supérieures en Turquie, il a décidé de revenir au Sénégal pour rendre à son pays ce que ce dernier a investi dans sa formation.

« Ce projet est assez unique en son genre au Sénégal, vu la complexité et l’envergure de l’ouvrage, avec toute la particularité de ce métier de façon transversale », a déclaré Mouhamed Diagne, à quelques semaines de l’inauguration du Stade du Sénégal. Selon lui, la nature du projet impressionne toujours ceux qui ont travaillé à sa réalisation.

En effet, l’ingénieur en Génie civil a été prompt à souligner les prouesses techniques qui ont été mises en place pour que le projet se concrétise en moins des 17 mois. D’après lui, le projet a été bâti sur une assiette foncière de treize hectares cinq cents (13,5 ha) avec une surface bâtie de 67.000 m². Vu la complexité de la nature du sol de Diamniadio, dit-il, « ils ont été obligés de partir sur des fondations profondes avec des pieux de 12 m de profondeur ». Ensuite, explique l’ingénieur, pour désolidariser le bâtiment du sol afin d’éviter le contact de l’argile qui est corrosive, un vide sécuritaire a été créé afin de surélever le bâtiment par rapport au sol et ainsi éviter tout contact. Ce vide sécuritaire, poursuit Mouhamed Diagne, a une hauteur de 1,5m pour supporter le bâtiment. « Au total, ces pieux sont au nombre de mille neuf cents (1.900). En plus de cela, par rapport toujours à la complexité du sol, le stade est ceinturé par un réseau de drainage pour que les eaux ne s’infiltrent pas et éviter d’endommager le bâtiment », décrypte-t-il.

Plus concrètement, l’ingénieur revient sur cette opération d’excavation de l’argile pour indiquer qu’un sol de substitut inoffensif a été utilisé pour préserver le bâtiment. La substitution a été faite avec des couches de remblai jusqu’à atteindre le niveau escompté.

La moitié de la Tour Eiffel en métal

Revenant sur la structure métallique du stade, Mouhamed Diagne souligne d’abord qu’elle est une véritable bâtisse de 3.500 tonnes, c’est-à-dire la moitié de la Tour Eiffel, pour en donner un aperçu. C’est elle qui supporte l’enveloppe de la ceinture du stade avec des panneaux métalliques perforés assurant une circulation naturelle de l’air, comparé au projet Dakar Arena qui est une structure fermée avec un coût énorme en termes de climatisation. Pour des préoccupations énergétiques, l’idée de la structure métallique perforée a été trouvée afin de réduire la consommation électrique avec une ventilation naturelle permanente. Mais également, d’une toiture recouverte par une membrane PVC. Avec une longueur de 15m, le panneau va permettre aux rayons solaires d’accéder à la pelouse comme exigé par les normes FIFA, pour assurer la bonne croissance du gazon, mais également permettre d’utiliser les énergies naturelles dans le projet.

« Il faut savoir qu’on a utilisé le système le plus performant de pelouse disponible dans le monde actuellement, c’est-à-dire le système hybride. Avec celuici, on a un gazon naturel avec des enracinements artificiels. Par rapport à la récupération des eaux, on a un système de drainage qui récupère les eaux qui s’infiltrent d’abord par un canal périphérique pour une bonne croissance et un bon arrosage de la pelouse, mais ensuite pour parer à tout risque d’inondation de la pelouse afin d’en assurer une longévité », informe-t-il.

La « tête » turque de la SOGIP

Mouhamed Diagne, Ingénieur en Génie civil, a fait ses études en Turquie. « J’ai fait mes études scolaires et secondaires au Sénégal jusqu’à l’obtention du baccalauréat. Ensuite, je suis parti en Turquie pour faire ma formation en Ingénierie. Quand je suis revenu, j’ai intégré un cabinet sénégalais, notamment le Bureau d’Etudes Sahel Ingénierie. Puis, j’ai fourni mes services à une entreprise turque installée au pays. Au bout de deux ans, je suis allé faire une mission de consultance pour un projet de la Banque Mondiale aux Almadies. Et c’est par la suite que j’ai atterri à la SOGIP », résume-t-il son parcours.