Massamba Diop est parti en France faire son cycle Ingéniorat en Génie civil après son Bac au Sénégal. L’opportunité de participer à la réalisation de grands projets dans son pays s’est présentée, malgré une situation professionnelle stable dans l’hexagone. Ce qu’il n’a pas raté en s’engageant avec la SOGIP. Depuis, il fait partie de l’aventure.

Le plus grand défi de l’équipe technique des ingénieurs de la SOGIP a été de changer la conception du projet et l’adapter aux réalités sénégalaises, à en croire l’ingénieur en génie civil Massamba Diop. La nature de l’accord entre l’Etat du Sénégal et l’entreprise turque SUMMA laissait peu de marge à des modifications sur le projet du Stade du Sénégal, dit-il. Mais en tant que représentant des intérêts nationaux, la SOGIP et ses ingénieurs ont tenu à ce que certains aspects propres aux réalités locales soient pris en compte. « C’est un projet que l’équipe a pris à bras le corps dès le début en termes de conception. Avec l’entreprise détentrice du marché, nous avons fait une quinzaine de soumissions avec des commentaires et, chaque fois, l’entreprise nous a suivis dans nos recommandations. Par exemple, nous avons fait rajouter des bureaux dédiés au staff. Ce dont souffraient la plupart du temps les Officiels tels que la Police, la Gendarmerie. Ils n’ont pas de locaux dans les anciens stades. C’est pourquoi il y a des salles de garde à vue que nous avons fait rajouter dans le projet en même temps que des installations pour le confort des hommes de tenue. Si on reste dans l’actualité, en cas de débordements comme ce qui s’est passé à Rufisque, la Police sur place, avec ses locaux, aura les moyens d’intervenir en masse et de garder à vue certaines personnes suspectes en attendant d’y voir plus clair. Il est prévu des blocs de toilettes à l’intérieur de ces bureaux avec une séparation en Equipe A et Equipe B hommes et femmes », rajoute-t-il.

La presse pas oubliée

Pour la composante du projet du Stade du Sénégal, l’ingénieur nous apprend qu’il y a plusieurs types d’espaces : les espaces spectateurs, les espaces Team c’est-à-dire les espaces sportifs, les espaces VIP et les espaces de la presse. « L’un des problèmes dont souffrait la presse au Sénégal, c’est qu’on n’avait pas prévu de commodités pour les journalistes. Pour cette fois-ci, le stade est doté d’une salle de travail pour la presse en plus d’une salle de conférence avec toutes les commodités requises. À l’intérieur de cette salle de travail, nous avons prévu un restaurant pour les journalistes. Pour la salle de conférence, elle sera entièrement équipée de toutes les installations techniques. Désormais, les Tv n’auront plus besoin de venir avec leur camion satellitaire et des câbles qui trainent partout. Il y a aussi une zone de 400 places réservées à la presse écrite dans les tribunes et une autre dédiée aux commentateurs », renseigne Massamba Diop.

Hormis cela, il est prévu des places VIP pour les grands rendez-vous sportifs qui vont se dérouler dans le stade afin de faire de la rente financière. Le président de la République dispose de sa propre loge. Toutefois, des aménagements ont été apportés pour que ses invités de marque disposent eux aussi de loges prestigieuses juste à côté de la sienne. Un restaurant gastronomique avec des cuisines privées et une terrasse extérieure sécurisée accompagnent les équipements des 40 loges.

Plus question d’uriner sur les murs

Pour les toilettes, les ingénieurs ont opté pour des blocs. Pour chaque bloc, une vingtaine de toilettes hommes et femmes séparées ont été construites. Dans l’ensemble du projet, pour chaque aile, il y a une quarantaine de toilettes. Les personnes à mobilité réduite ont également été prises en compte avec leurs propres toilettes (PMR). Toujours dans cette lancée, des blocs de toilettes supplémentaires sont installés dans le corridor extérieur et même dans les espaces parking, afin de permettre aux spectateurs de se soulager et se concentrer uniquement sur le spectacle une fois entrés. « Tout ceci ne faisait pas partie du projet initial, mais l’insistance et l’argumentaire de l’équipe technique de la SOGIP ont permis de les ramener dans le projet en concertation avec les partenaires turcs pour apporter une touche locale bien claire », a indiqué Massamba Diop.