Sécurité en Chantier : L’importance du casque

Sécurité en Chantier : L’importance du casque

Le port de casques permet de protéger la partie supérieure du crâne, principalement contre les risques de choc et de perforation provoqués par des chutes d’objets, des heurts contre des objets fixes ou par la chute de la personne elle-même.

Sur les chantiers, les risques auxquels sont exposés les travailleurs du BTP sont nombreux et variés. Des accidents graves peuvent en effet survenir et avoir de très lourdes conséquences. C’est la raison pour laquelle il est important d’appliquer les règles de sécurité afin de protéger les employés. À cet effet, des règles de sécurité doivent être respectées à la lettre et des équipements de protection devront être mis à disposition des différents intervenants. Les casques de sécurité permettent de couvrir la tête des ouvriers contre les chutes.

Le casque de chantier est pourtant indispensable pour protéger votre tête des blessures éventuelles, des projections ou des chutes d’objets. Il a pour vocation d’absorber les chocs. Pour être efficace, il doit être adapté à la tête du porteur (ni trop grand, ni trop petit) et doit répondre aux normes en vigueur. Dans de nombreux environnements professionnels (chantier, usine, atelier, travail en hauteur) il est essentiel de se protéger la tête d’éventuelles blessures, projections, chutes et chutes d’objet. Le principal équipement de protection individuel (EPI) dédié à la protection de la tête est le casque de protection pour l’industrie. Son port est même obligatoire, sur les chantiers pour les travaux de démolition, de montage, démontage et lavage de charpentes et ossatures.

Un casque se compose principalement d’une calotte, partie extérieure de casque qui est conçue pour résister aux chocs, et d’un harnais, qui a pour fonction de maintenir et stabiliser la calotte en absorbant l’énergie transmise à la boîte crânienne en cas de chocs. Il existe différentes couleurs qui ont toute une définition dans les chantiers. Le jaune est destiné aux maçons ou aux opérateurs de travaux publics ; le vert symbolise la santé, il est généralement destiné aux Sauveteurs Secouristes du Travail.

[Reportage] Secteur bâtiment : Cris de cœur des ouvriers !

[Reportage] Secteur bâtiment : Cris de cœur des ouvriers !

Le secteur du bâtiment et des travaux publics apparaît comme le plus dangereux. En outre, les ouvriers estiment qu’ils ne sont pas bien payés. Certains parlent d’exploitation économique.

« Les conditions sont très difficile et le revenu est très faible. Nous travaillons à longueur de journée pour gagner une modique somme qui ne sert pas à grand-chose. Nous sommes obligés de travailler au quotidien pour subvenir à nos besoins et soutenir nos familles », explique un ouvrier sous le sceau de l’anonymat. Trouvé dans un chantier en finition dans un coin de Dakar, ce jeune homme raconte le calvaire qu’il vive, lui et ses collègues au quotidien.

Transpirant à grosse gouttes, A. Diallo originaire de la Guinée doit supporter la canicule de Dakar pour mener à bien son activité. Dans un espace aménagé près du chantier, le jeune guinéen s’active dans le mélange du ciment et du gravât à travers une bétonnière. Cet engin sert à mélanger le béton constitué de ciment, de sable, de gravier et d’eau. Tous ces éléments seront rassemblés dans une cuve. Le sieur Diallo nous confie ce qu’il endure : « Nous nous rendons ici tous les matins depuis 2 mois. Nous percevons 3000 francs CFA. Vous imaginez, on travaille de 8 à 17h. Le plus déplorable est que nous n’avons pas de contrat de travail donc pas d’assurance. On n’a pas une autre alternative, car pour être payer il faut être présent ».

  1. Fall qui vient de la banlieue Dakaroise corrobore ses propos. Il explique qu’il doit gérer son transport et qu’il ne peut pas travailler toute une journée sans manger. Le jeune originaire de Yeumbeul estime qu’il s’agit purement et simplement d’une exploitation économique. Son inquiétude est plus orientée vers les accidents de travail : « On risque nos vies (rires) avec ce travail d’ouvriers. Si quelqu’un se blesse ou fait un accident de travail, c’est lui qui perd. Ce sont tes parents qui vont te soigner. C’est pour cette raison que je ne fais que le strict minimum ».

L’insécurité sur les lieux de travail est une réalité dont les ouvriers du bâtiment sont obligés de s’accommoder, en permanence. Comme dans plusieurs entreprises de différents secteurs, qu’elles soient publiques, étrangères ou privées, les conditions de sécurité sur les chantiers de construction laissent beaucoup à désirer. A croire que la vie humaine n’a pas de valeur. L’on constate de visu, que ces lieux de travail sont de véritables pièges, de véritables menaces, tant pour les ouvriers que pour les passants.

Pour I. Diop chef de chantier, les chantiers comportent certes risques mais ce n’est pas pour autant une raison pour oublier que tous ne peuvent pas avoir les mêmes paiements. Diop comme l’appelle ses collègues révèle qu’il y a plusieurs types d’ouvriers. A l’en croire, un travailleur dans un chantier peut être coffreur, maçon, électricien, couvreur, plombier… Le statut d’ouvrier qualifié comprend une grande variété de métiers. Lui qui perçoit 800 000 FCFA par jour indique que dans les chantiers, il y a des ouvriers qualifiés et non qualifiés : « Nous ne pouvons pas les payer au même prix. Ceux qui ont métier ont soit un contrat avec notre entreprise de construction ou gagne 5000 ou 6000 FCFA. Les non qualifiés, ils ne font qu’assister les autres. C’est très raisonnable qu’on leur paie 2500 ou 3000 FCFA ».

Un avis qui n’est pas partagé par M. Fall. Ce jeune ouvrier avance que même s’ils n’ont pas une qualification mais ils font tout le travail. « Les autres ne font que donner des ordres à longueur de journée. La réalité est qu’on nous exploite. Ces bâtiments sont construits à hauteur de plusieurs millions et nous, nous gagnons des miettes », regrette-t-il.

STADE DU SENEGAL Me Abdoulaye Wade: Le nouveau visage du Sport Sénégalais

STADE DU SENEGAL Me Abdoulaye Wade: Le nouveau visage du Sport Sénégalais

Un concentré d’innovations pour le plaisir des spectateurs, des acteurs sportifs et même des passants, c’est la meilleure définition qu’on peut donner du stade du Sénégal baptisé Me Abdoulaye Wade après la visite guidée faite par les ingénieurs de la SOGIP.

Dès que vous débarquez sur le périmètre du stade du Sénégal à Diamniadio votre regard est attiré vers le haut. Les grues suspendent les plaques de métal sur la couverture de la dernière partie du stade qui reste à être couverte.  Les amateurs de football et d’architecture pensent direct au stade Allianz Arena de Munich. La forme, les traits et surtout la beauté sont du même acabit. « Nous avons une innovation au niveau du projet de stade du Sénégal c’est qu’on a pensé à faire une façade colorée, la façade extérieure donc à l’image du stade alliance Aréna du Bayern de Munich qui a l’habitude de changer de couleur, un jeu de lumière et tout et vu l’emplacement du projet qui est assez stratégique c’est au niveau de l’autoroute à péage on pourrait par exemple penser à souhaiter des messages de bienvenue à une autorité d’un autre pays en mettant le drapeau de sa nation aux côté du drapeau des couleurs du Sénégal. Donc pour se faire on n’a mis en place à peu près trois cent projecteurs LED qui ont la latitude de pouvoir changer les couleurs de la façade extérieure façon vert jaune rouge ou bleu blanc rouge, drapeau du Sénégal, de la France donc ça c’est une innovation du projet », déclare Amadou Diéye, Ingénieur en Electromécanique et Chef de Projet à SOGIP.

Ce que la toiture présente comme autre innovation est son rôle de rideau thermique. Le rideau thermique est un rideau technique qui protège de la chaleur en été mais surtout du froid en hiver. Sur ce projet, les plaques d’aluminium qui entourent le stade font cet effet, de cocon protecteur qui conserve une même atmosphère en période de pluies comme en période de chaleur tout en réduisant les dépenses de chauffage. « Il fera toujours bon dans l’enceinte du stade en toute saison qu’il pleuve ou qu’il vente. Grâce à l’orientation des plaques et leurs dispositions il n’y a plus besoin d’installer un chauffage général. Le gouvernement gagne est économie d’énergie sur ce seul aspect », poursuit l’ingénieur.

Des Chiffres parlants

En terme de chiffres, le stade du Sénégal a englouti plus de 70000 mètres cube de béton qui y ont été coulés. Plus de 4000 éléments près fabriqués qui font office de gradins et pour les nombres de places de parking c’est 920 places pour les spectateurs. D’autres parkings existent, sous le bâtiment pour les VIP et les différents services qui œuvrent lors des matchs. Cinq  (5) entrées extérieures, 10 entrées spectateurs, une vingtaine d’escaliers ont été réalisés pour gérer les flux vers les gradins. Pour les gradins, il y a deux niveaux distincts. Le stade dispose de 16 ascenseurs pour faciliter les déplacements. 21 concessions sont prévues pour les spectateurs. Les concessions sont en fait des cantines pour distribuer de l’eau des rafraichissants de la nourriture aux spectateurs. Entre les deux niveaux de gradins 40 loges ont été construites. En dehors de la loge présidentielle, deux loges VIP sont prévues. Les loges porteront les noms des différents départements du pays et seront à cet effet décorées à l’image des localités  éponymes.

La presse n’a pas été oubliée. Ainsi une grande salle de presse avec 4 studios de télévision, une salle de rédaction connectée et un buffet leur est réservée. Dans la conception du stade, un espace pour des boutiques de souvenirs a été prévu. Les gens pourront acheter des souvenirs en marge de visites qu’ils feront. Ils pourront même suivre des projections dans la salle de cinéma interne.

Pelouse drainée et garantie

Un système de drainage ou même de double drainage a été mis en place par les techniciens pour que la pelouse reste toujours praticable même en période de fortes pluies. En effet, l’accumulation d’eau sur l’aire de jeu va affecter la durée de vie de la pelouse et sa qualité. Il  est donc important de concevoir un, système de drainage adéquat qui permet au gazon artificiel de ne pas se détériorer et à celui naturel de prospérer dans les terrains de football. Le terrain de football n’est pas purement plat, la base invisible est en forme de tortue, avec un milieu  élevé et les quatre côtés bas. « Ceci est fait pour faciliter l’évacuation de la pluie et le drainage des eaux. C’est juste que parce que le terrain est trop grand et qu’il y a une pelouse dessus, qu’on ne peut pas le voir. Avec les pentes verticales et horizontales du terrain de football, l’eau de pluie est évacuée du terrain. Il peut exclure environ 80% des eaux de pluie sur l’ensemble du champ. Cela nécessite des valeurs de pente de conception précises et très strictes et des exigences de construction », détaille Mouhamed Diagne Ingénier en génie civile. L’agent de la Sogip montre aussi l’autre système d’évacuation des eaux qui borde le l’aire de jeu. Ce dernier récupère les  eaux qui viennent des tribunes et des flancs du terrain pour les collecter et les transporter vers l’extérieur. Le stade du Sénégal dispose en effet, d’un système de collecte et de traitement d’eau propre qui permet lui aussi de faire des économies sur la facture d’eau en traitant et en réutilisant l’eau collectée pour les besoins d’arrosage de la pelouse et des espaces verts.

Dans les possibilités techniques, il y a un volet infrastructure qui permet de drainer toute l’eau pluviale sur une période de retour de moins de cinq (05)  à dix (10) ans. Les ingénieurs de la Sogip sont partis sur les normes sénégalaises applicables au Sénégal qui nous exigent des périodes de retour sur dix (10) ans. « Cela veut dire que le stade du Sénégal est en zone hors risque d’inondation durant toute cette période »,

FIFA Green Goal pris en compte

Lancée par la FIFA avant la Coupe du monde 2006 en Allemagne, le programme « Green Goal », est un ensemble d’objectifs en matière de protection de l’environnement qui doit aboutir à réduire de 20% la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que la production de déchets et l’émission de gaz d’échappement durant un événement sportif footballistique. Le stade du Sénégal devant accueillir des matchs de football de l’équipe nationale du Sénégal voir des matches de Coupe d’Afrique si le Sénégal est désigné pays hôte ne pouvait échapper à cette exigence. Ainsi, les ingénieurs ont mis en place des systèmes d’économies comme l’utilisation accrue des eaux de pluie, mais aussi un éclairage consommant moins d’électricité. « Il faut savoir que le stade est construit selon les exigences de la FIFA. Pour les aspects énergétiques, le stade va représenter en termes de charge 4.4MW à peu près. Pour satisfaire ses besoins en énergie, on a prévu six (06) transformateurs de 1600 KVA. Cette puissance est aussi secourue, puisqu’on a des groupes électrogènes de 1000KWA prévus. Pour respecter les exigences FIFA en termes d’alimentation électrique, on a prévu deux arrivées de lignes SENELEC de sorte que si on a une coupure d’électricité, on aurait une ligne de secours qui alimenterait le stade. Et si par extraordinaire on perdait les deux lignes, les groupes seraient à même d’alimenter le stade. Et même en cas d’incendie sur le réseau domestique, les groupes à incendie sont prévus. En termes d’efficacité énergétique, on a prévu une centrale solaire d’à peu près 2MW et cela est l’une des particularités qui va produire 5GM /an. Cela va représenter une réduction d’environ 35% sur a facture d’énergie au niveau du stade », rassure le chef de projet, Amadou Diéye. Toujours pour respecter les recommandations des objectifs du Fifa Green goal, 5082 panneaux solaires ont été installé sur le parking extérieur du stade pour un mixte énergétique dans l’alimentation de la structure. En même temps, ses panneaux protégeront les véhicules qui s’abriteront sous son ombre.

Une belle collaboration Sénégalo-turque

Même si le chantier est exécuté à plus de 80%, les nombre définitif de travailleurs évolue toujours. Comme l’explique Massamba Diop, Ingénieur Génie-civil « Ce n’est pas un nombre qui est fixe durant tout le projet. En fait comme les besoins du projet diffèrent, en début de projet il y a plus de personne disponible sur le chantier. Ce qu’il faut savoir c’est qu’en fait il y a une partie qui est sénégalaise et il y a une partie des ouvriers qui sont des turcs.  La proportion à un moment donnée a été de 350 turcs pour 500 sénégalais. Mais vu l’avancement du projet là on est presqu’à la fin du projet avec les finitions on suppose qu’il y a moins de personnes qui sont sur ce site » fait-il savoir.Pour l’instant, avant cumul final des chiffres turcs et sénégalais, il est quasiment impossible de donner le nombre exact de personnes qui ont eu à travailler sur le site  « En fait la spécificité du projet c’est qu’on faisait, à un moment donné des roulements de 8H. C’est-à-dire, les gens travaillaient 24H/24 par équipe. Il faut savoir que nous sommes dans un projet qu’on dit Fast Tract.  Pour un stade de cette envergure là on n’avait un délai prévisionnel de dix-sept (17) mois.  Aujourd’hui, on n’est sur moins de 17 mois de réalisation. Vous vous imaginez bien qu’à un moment on était en feux continu, de jour comme de nuit », précise Massamba Diop.

Sécurité

Les nombreux événements malheureux qui ont eu à marquer l’histoire du sport au Sénégal n’ont pas laissé les ingénieurs de la Sogip insensibles. Dans leurs prévisions, ils ont mis l’accent sur la lutte contre l’insécurité dans les stades. A cet effet, ils ont installé plusieurs aménagements sur la structure pour dissuader au maximum les fouteurs de troubles. Ainsi, 350 caméras sont disposées   dans tous les coins et recoins du stade pour identifier retrouver et bloquer les fauteurs de troubles. Ce n’est pas tout. En effet, un poste de police flambant neuf avec tous les derniers équipements a été construit dans les entrailles du bâtiment.   60 personnes peuvent y être interpellées en même temps sans gêner le travail de sécurisation des agents.  « Il faut souligner que ses aménagements sont mis aux normes des services de sécurité publique et conformément aux dispositions du cahier des charges de la FIFA. La sectorisation des tribunes, les places assises, la vidéosurveillance, le poste de commandement commun, le poste de police interne et les grilles amovibles s’inscrivent dans cette logique sécuritaire », précise Kardiatou Basse, Ingénieure Génie-civil  employée à la Sogip.

[Reportage] Sécurité en chantier : La responsabilité de tous engagée

[Reportage] Sécurité en chantier : La responsabilité de tous engagée

Un chantier implique souvent l’intervention d’un grand nombre de personnes et d’entreprises différentes. Pour le bien de tous, le respect des normes sécuritaires doit être primordial. Si c’est l’entreprise qui est en charge de mettre en place et de faire respecter ces mesures, les ouvriers ont également des devoirs en termes de sécurité.

Au milieu d’une cité nouvellement construite, les travaux d’un immeuble de 11 étages se poursuivent. Djiby Diabaye, chef de chantier pour la société de construction Dima dirige les équipes, contrôle, coordonne et planifie les travaux. Associé aux phases préparatoires, il assure également l’organisation du chantier. Les ouvriers sont repartis en groupe selon les différentes tâches. Le sieur Diabaye ne badine jamais avec la sécurité des travailleurs. Djiby a fait plusieurs terrains avant de se retrouver à Dima. Avec cette expérience accumulée, il maîtrise cet élément. Il estime que la sécurité précède tout même dans la vie de tous les jours.

« Personne ne doit être dans un chantier sans prendre toutes les précautions. Cela commence par le port de casque, d’un gilet pour qu’on puisse t’identifier et enfin des chaussures de sécurité. Nous mettons à la disposition de tous les ouvriers un équipement complet pour sa sécurité.  Pour ceux qui doivent travailler en altitude, ils auront à leur disposition un harnais (ceinture de sécurité) », explique le chef de chantier.

Les accidents de travail sont élevés notamment en raison du nombre important de travailleurs présents simultanément, de l’utilisation des engins de chantier et des machines, mais aussi du travail en altitude ou de la dénivellation du terrain. Pour prévenir tout accident, les ouvriers doivent respecter les différentes consignes de sécurité du chantier, si l’employeur a bien fait son devoir d’information et de formation. Ils doivent utiliser les équipements fournis par l’employeur sur leur chantier d’intervention.

C’est dans ce registre que Djiby Diabaye nous explique qu’il ne cesse de rappeler aux ouvriers l’importance des équipements. Toutefois, il révèle que certains peuvent être très réticents pour diverses raisons : « Il arrive que certains travailleurs ne respectent pas les règles. Notre mission étant aussi de superviser, nous prenons les dispositions pour faire respecter les normes. La chaleur et le poids de l’équipement jouent également. Ce sont des facteurs qui font la réticence de certains ».

Sur un chantier, les risques sont nombreux. Ils sont à la fois encourus par les travailleurs du BTP, mais aussi par les personnes non impliquées dans les travaux. Les accidents de travail peuvent être graves et avoir de lourdes conséquences. C’est pourquoi l’application de règles de sécurité sur un chantier est primordiale. « Chaque matin, nous procédons à une veille pour nous assurer que tout le monde a son équipement sinon nous leurs rappelons à l’ordre. Le danger de ne pas respecter les normes se trouve dans le fait que lorsqu’il y a un accident, l’ouvrier ne pourra plus travailler. Tout travailler doit veiller à sa sécurité sans qu’on le lui rappelle », avance Djiby Diabaye.

Cependant, les risques ne se limitent pas seulement aux travailleurs. Des personnes étrangères et non impliquées sur le chantier peuvent également se retrouver sur les lieux et encourir des risques. La réglementation et les mesures de sécurité vont ainsi permettre d’empêcher l’irruption de ces personnes sur le chantier.

 

[Reportage] Formation professionnelle en BTP : Stratégies et politiques d’insertion des étudiants

[Reportage] Formation professionnelle en BTP : Stratégies et politiques d’insertion des étudiants

Allier théorie et pratique, c’est devenu le fondement essentiel des écoles de formation. En effet, la filière technique requiert plus de « descente sur les chantiers pour mieux assimiler et intégrer les enseignements ».

Tous vêtus de gilets de sécurité de couleur verte et de casque blanc, un groupe d’étudiants suit attentivement les directives de leur formateur. Ce travail pratique se passe dans un espace aménagé au sein de l’Institut Polytechnique de Dakar (IPD). Matériaux de BTP, pavés et briques entre autres plantent le décor. Au même moment, d’autres étudiants de ce même établissement se trouvent sur les deux voies de Liberté 6 pour appliquer d’autres exercices liés notamment à la topographie. La direction dit vouloir mettre ses étudiants dans les conditions pour leurs préparer à une intégration réussie dans leurs futurs postes.

 Amadou Sow, Directeur de Markéting et de communication de l’institut estime que c’est la meilleure offre de formation possible. « Le génie civil est une filière totalement pratique. C’est important que l’étudiant se projette sur le contexte d’entreprise. Ces travaux sont une vraie immersion professionnelle.  Nous avons aussi notre laboratoire dans lequel des essais géotechniques sont faits. C’est important que les étudiants aient une bonne culture de l’esprit d’entreprise. Ils sont dotés gratuitement d’équipements individuels. Les équipements sont obligatoires dans les espaces de TP », explique-t-il.

La pratique, une voie d’insertion professionnelle

Le sieur Sow avance, par ailleurs, que le centre dispose d’une manière particulière pour noter les apprenants. Il s’agit du Contrôle en cours de formation (CCF) qui sont des examens pratique. C’est sur ce même registre que le Dr Mamadou Tine, responsable de la Cellule interne d’assurance qualité de l’Ecole Supérieure d’Électricité, de Bâtiment et des Travaux Publics (ESEBAT), s’exprime. L’école a mis en place tout un système, à la fois interne et externe, permettant aux étudiants d’avoir une insertion professionnelle même celle-ci n’est pas tout le temps garantie.

« On a signé également des conventions des partenariats avec d’autres établissements afin que certaines matières où il n’y a pas de pratique ici que les étudiants puissent faire ça là-bas. Nous ne pouvons pas donner à chaque étudiants un stage ou bien un emploi mais nous faisons tout pour les accompagner pour qu’ils obtiennent un stage ou emploi. Et éventuellement les étudiants qui font première année jusqu’en Master 2 font des visites de chantiers. Nous avons quelqu’un qui travaille sur ça, Mr Ndour Albert. C’est lui le responsable de la cellule d’insertion professionnelle. Son travail consiste à aller sur le terrain pour chercher des stages pour les étudiants les amener dans les chantiers et dans les entreprises afin de les imprégner dans le domaine du BTP », explique Dr Tine.

Le bac Scientifique privilégié…

Le bâtiment recherche des bras mais aussi des têtes bien faites ! L’accès à ces filières technique requiert ainsi une certaine préparation. Cela passe par l’obtention d’un bac scientifique. En effet, la sélection pour entrer dans ces formations s’effectue sur la base d’un dossier de candidature. Toutefois, Dr Tine rappelle que les étudiants non scientifiques peuvent bénéficier d’une année préparatoire pour intégrer la formation : « L’école forme sur différents métiers tels que les génies civils, l’électromécanique et l’électrotechnique la filière géomètre topographe et géotechnique et route. Parfois il y a une sélection pour le génie civil. Les étudiants en première année doivent avoir forcément le bac scientifique par contre ceux qui ont le bac L2 et L1 font une année de cours préparatoires. L’objectifs est de renforcer leurs niveaux les dans les matières scientifiques etc. Et certaines matières pour qu’ils puissent intégrer la première année en génie civil ».

Etudiante en 2ème année en génie Civil à l’IPD, Fama, teint noir, dit ne pas avoir de regret d’être inscrite dans cette filière. Elle suit donc une passion qui lui a été « insufflée », par sa sœur. Son Camarade de promo, Ismaël, originaire du Comores explique qu’il est fier de faire partie de cette génération de « futurs ingénieurs ».  Toutefois, l’ingénieur de conception et formateur à l’ESEBAT révèle qu’il rencontre souvent des difficultés généralement liées aux termes. « Nous savons que nous sommes dans une filière technique, cela nécessite beaucoup de travaux pratique et de vie de chantiers. Les difficultés que nous rencontrons sont surtout liées au niveau de langue des étudiants. Cela a un impact sur le déroulement de nos cours. Le langage que nous employons sur le chantier est légèrement différents de celui que nous employons en classe. Si l’apprenant a tendance à adopter ce langage du chantier, cela va lui porter préjudice. Les travailleurs des BTP informels ont un registre qui leur est propre. C’est très différent du langage professionnel. Je vous donne un exemple, le gravier, ils l’appellent le béton alors que cela c’est un mélange avec d’autres éléments ».

Une formation renforcée par une volonté politique

Derrière cette manière de transmettre du savoir à la fois scientifique et technique, il y a « une volonté politique de l’Etat du Sénégal », selon le sieur Sow qui a été, par ailleurs, Directeur des études de l’IPD. La demande en compétences d’Enseignement Technique et Formation Professionnelle (EFTP) est élevée au Sénégal, et le marché du travail donne des signaux forts aux particuliers. Les personnes ayant un diplôme d’EFTP sont beaucoup plus susceptibles d’être employées que celles ayant fait une formation générale.

L’IPD a voulu apporter sa pierre à l’édifice. « L’Etat du Sénégal, depuis 2012, a tenu le conseil présidentiel sur l’enseignement supérieur. De ce conseil, a découlé l’orientation stratégique de l’enseignement sénégalais vers les filières scientifiques et techniques. Ce qui nous a poussé nous à mieux nous investir dans ce domaine et pousser les jeunes à s’orienter vers ces filières scientifiques qui sont assez pourvoyeuses d’emploi. Dakar foisonne de par ses entreprises, c’est un honneur de croiser nos étudiants dans les grands chantiers, les grands travaux de l’Etat du Sénégal », explique Amadou Sow. (suite…)

[Reportage] Immersion dans un chantier R+8 : Une femme aux commandes

[Reportage] Immersion dans un chantier R+8 : Une femme aux commandes

Derrière chaque produit fini se cache une multitude de processus et procédures. C’est le cas pour construire un bâtiment. Une immersion dans un chantier nous a permis de mieux appréhender cet exercice qui n’est pas aussi simple qu’on l’imagine. Une jeune dame essaie de faire de son mieux pour mener à bien les travaux.

Sous un soleil de plomb de ce chaud mois de janvier qui mitraille de ses ardents rayons, un groupe de manœuvres travaillent en harmonie pour gazer du béton. Au nombre de 5, avec une tranche d’âge entre 20 et 30 ans, ils exercent cette activité avec des tâches bien définies. Au moment où deux ouvriers mettent du granulat sur une brouette aidés par leurs pelles, les autres s’activent à faire la finition avec du ciment et du sable. Sous la supervision de l’entrepreneur, ces travailleurs s’exécutent sans rechigner. Une parfaite harmonie. Tous ne semblent pas être perturbés par le bruit de la bétonnière électrique. Cet engin de chantier utilisé pour malaxer les différents composants (sable, eau, gravier et ciment) du béton ou du mortier. Cet engin est indispensable lors de gros œuvres tels que le coulage de fondations d’une maison ou d’une dalle.

Au milieu de ce décor, une jeune dame observe et donne également des directives. Il s’agit de Nafissatou Gassama, la cheffe de chantier. Visage couvert en parti par un voile et un masque imposé par la Covid-19, cette étudiante en troisième de formation en génie-civil va devoir conduire les travaux de ce R+8 avec un sous-sol en construction : « En tant que cheffe de chantier, ma mission consiste à surveiller, à donner des directives et en même temps, je veille à la sécurité des travailleurs. J’ai également pour mission de faire respecter aussi le plan prévu par les architectes ». La trentenaire de teint clair mène les travaux avec confiance et sérénité. La précision de ses directives et la fermeté de son discours attestent de son leadership dans ce chantier où tous les travailleurs sont des hommes.

La demoiselle ne manque pas d’évoquer la question du genre qui peut être souvent cause de blocage dans l’exercice de ses fonctions. « Être femme et cheffe de chantier, ce n’est pas une chose facile. Il faut juste faire preuve de lucidité et montrer une bonne personnalité et un fort caractère. Il y a des hommes qui ne veulent pas être dirigés par une dame. Il y a certains d’entre eux qui n’ont pas ce problème. Le chef de chantier titulaire n’est pas toujours sur place ». Une absence qui lui a permis de faire ses preuves et de gagner ce statut. Le bruit d’une perceuse à côté de son siège impose une surveillance rigoureuse sur le site. Elle nous révèle que le jeune avec la perceuse assiste le maçon : « Il rectifie un problème lié à l’implantation ».

A lire sur Chantiersn.com : MÉTIERS DU BTP : ARCHITECTE

Nafissatou Gassama incarne parfaitement cette assertion du dramaturge français Pierre Corneille qui dit qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. En effet, elle a intégré le Groupement d’Intérêt Economique (GIE) Bokk Ligueye en tant que stagiaire car, étant toujours étudiante. Au bout d’une année, elle a fini comme assistante du chef de chantier. Du fait que ce dernier s’absente constamment, elle a repris les rênes de la construction de cet immeuble qui sort à peine de terre.

Nafissatou voulait devenir architecte, le destin a fait qu’elle finisse dans les métiers du génie-civil. « C’est une passion que je nourris depuis mon enfance. Je voulais devenir architecte. Seulement, la formation est très chère et il n’existe pas beaucoup d’école d’architecture au Sénégal. Je me suis alors retourné vers la formation en génie civil en attendant de devenir ingénieur. Je pourrais me reconvertir en architecte. J’aimais bien dessiner et cela depuis l’école primaire », martèle-t-elle avec fierté.

Madame Gassama explique comment le site est structuré. Elle indique que les travailleurs sont organisés en groupe. Il y a les ferrailleurs, les maçons et les coffreurs. Concernant ces derniers, leur  groupe est en train de mettre en place les armatures pour le coffrage de poteaux. L’un d’entre eux s’assure que les planches sont bien vissées pour être hermétiques afin de pouvoir faire couler le béton. Au même moment, d’autres ouvriers s’activent dans le ferraillage.

Elle fait savoir que tout le travail est programmé à l’avance. Chaque groupe est dirigé par un chef et des manœuvres. Les dirigeants travaillent sous contrat avec le GIE alors que les autres sont soumis à un système de pointage. « Les manœuvres sont payés à la semaine du lundi au samedi. Le prix varie, 3000, 3500 ou 4000 francs CFA par jour. Toutefois, ils sont rémunérés en fin de semaine. Il y’a un système de pointage. Si nous démarrons à 8h, nous terminons à 16h ou 9h-17h. Les autres travaillent sous contrat. C’est une prestation », avance Nafissatou Gassama.

En même temps qu’elle donne toutes ces explications, l’entrepreneur distille parallèlement ses directives. Restée sur la dalle devant supporter le bâtiment en construction, elle ne manque aucune occasion de descendre et mettre en pratique ses explications aux ouvriers. Ils sont assistés par des travailleurs spécialisés en bâtiment ou en génie-civil.