Métiers  BTP :  Conducteur/trice d’engins de travaux publics

Métiers BTP : Conducteur/trice d’engins de travaux publics

Pas de chantier sans bulldozer ni pelle mécanique. Pilote de ces puissantes machines, le conducteur d’engins de chantier prépare et déblaie le terrain avant d’effectuer les travaux de terrassement ou de nivellement. Un professionnel très sollicité.

Indispensable sur les grands chantiers, le conducteur d’engins de travaux publics manipule pelles mécaniques, bulldozers, chargeuses, niveleuses, décapeuses, etc. De plus en plus perfectionnés et puissants, sur roues ou sur chenilles, ces engins permettent de préparer le terrain, en déplaçant de grosses quantités de terre, de pierres ou de gravats. Maîtriser de telles machines demande de bons réflexes, du sang-froid et une attention de tous les instants. Il faut savoir apprécier les distances et les reliefs.

Il ne suffit pas de savoir conduire : il faut être capable de détecter une anomalie et d’effectuer un dépannage simple. Sur de gros chantiers, le conducteur peut être spécialisé dans la conduite d’un type d’engins et, pourquoi pas, avec beaucoup d’expérience dans celle du plus impressionnant d’entre eux : le tunnelier, qui permet de percer une colline, de creuser en sous-sol.

Le travail s’effectue en extérieur à ciel ouvert. Le conducteur d’engins est donc soumis aux conditions climatiques (froid, pluie, chaleur…). Il travaille sur les chantiers du bâtiment, des travaux publics, du génie civil et des carrières et peut être confronté au bruit, à la poussière, à la boue, aux ornières…

SECTEUR CONSTRUCTION JANVIER : INDICE DES PRIX DES MATERIAUX A LA HAUSSE DE 0,6%

SECTEUR CONSTRUCTION JANVIER : INDICE DES PRIX DES MATERIAUX A LA HAUSSE DE 0,6%

L’évolution  de l’Indice mensuel des Prix des Matériaux de Construction au Sénégal a connu une hausse de 0,6% au mois de Janvier selon un rapport de l’ANSD.

Au regard de son interdépendance avec les autres centres d’activités de l’économie du pays, le secteur de la construction est un élément important pour qui veut connaître l’état de santé d’une économie. Au Sénégal, pour le mois de Janvier, l’Indice mensuel des Prix des Matériaux de Construction a augmenté de 0,6% en janvier 2022, comparativement au mois précédent. « Cette évolution résulte principalement de celle des prix des matériaux pour les travaux d’électricité, ainsi que ceux de plomberie et sanitaire. De même, le renchérissement des matériaux de base et de menuiserie a contribué a contribué à cette hausse des prix. En variation annuelle, ils ont progressé de 8,6% », lit-on sur le rapport de L’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD).

L’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) explique que cet indice base 100 en T2-2015, mesure l’évolution des prix des matériaux entrant dans la construction des logements à usage d’habitation. Les indices sont de type Laspeyres et les pondérations sont issues des devis quantitatifs et estimatifs sur les quatre types de logement les plus représentatifs le secteur immobilier. Le champ couvert par l’indice est la grande agglomération de Dakar découpée en zone de collecte. Le panier considéré comprend 96 variétés suivies dans 176 points d’observations. Plus de 760 relevés de prix sont effectués chaque mois.

Le secteur des matériaux de construction occupe une place de choix le bâtiment et les travaux d’infrastructure. Il accompagne le développement des secteurs stratégique comme les ports, aéroports, routes et autoroutes.

 

 

Profil : Mouhamed Diagne Ingénieur en Génie civil – «La tête turque» de la SOGIP

Profil : Mouhamed Diagne Ingénieur en Génie civil – «La tête turque» de la SOGIP

Dans très peu de temps, le Stade du Sénégal sera livré. Pour y arriver, il aura fallu l’implication d’experts. Mouhamed Diagne est l’un d’entre eux. Ingénieur en Génie civil en poste à la Sogip et ayant fait ses études supérieures en Turquie, il a décidé de revenir au Sénégal pour rendre à son pays ce que ce dernier a investi dans sa formation.

« Ce projet est assez unique en son genre au Sénégal, vu la complexité et l’envergure de l’ouvrage, avec toute la particularité de ce métier de façon transversale », a déclaré Mouhamed Diagne, à quelques semaines de l’inauguration du Stade du Sénégal. Selon lui, la nature du projet impressionne toujours ceux qui ont travaillé à sa réalisation.

En effet, l’ingénieur en Génie civil a été prompt à souligner les prouesses techniques qui ont été mises en place pour que le projet se concrétise en moins des 17 mois. D’après lui, le projet a été bâti sur une assiette foncière de treize hectares cinq cents (13,5 ha) avec une surface bâtie de 67.000 m². Vu la complexité de la nature du sol de Diamniadio, dit-il, « ils ont été obligés de partir sur des fondations profondes avec des pieux de 12 m de profondeur ». Ensuite, explique l’ingénieur, pour désolidariser le bâtiment du sol afin d’éviter le contact de l’argile qui est corrosive, un vide sécuritaire a été créé afin de surélever le bâtiment par rapport au sol et ainsi éviter tout contact. Ce vide sécuritaire, poursuit Mouhamed Diagne, a une hauteur de 1,5m pour supporter le bâtiment. « Au total, ces pieux sont au nombre de mille neuf cents (1.900). En plus de cela, par rapport toujours à la complexité du sol, le stade est ceinturé par un réseau de drainage pour que les eaux ne s’infiltrent pas et éviter d’endommager le bâtiment », décrypte-t-il.

Plus concrètement, l’ingénieur revient sur cette opération d’excavation de l’argile pour indiquer qu’un sol de substitut inoffensif a été utilisé pour préserver le bâtiment. La substitution a été faite avec des couches de remblai jusqu’à atteindre le niveau escompté.

La moitié de la Tour Eiffel en métal

Revenant sur la structure métallique du stade, Mouhamed Diagne souligne d’abord qu’elle est une véritable bâtisse de 3.500 tonnes, c’est-à-dire la moitié de la Tour Eiffel, pour en donner un aperçu. C’est elle qui supporte l’enveloppe de la ceinture du stade avec des panneaux métalliques perforés assurant une circulation naturelle de l’air, comparé au projet Dakar Arena qui est une structure fermée avec un coût énorme en termes de climatisation. Pour des préoccupations énergétiques, l’idée de la structure métallique perforée a été trouvée afin de réduire la consommation électrique avec une ventilation naturelle permanente. Mais également, d’une toiture recouverte par une membrane PVC. Avec une longueur de 15m, le panneau va permettre aux rayons solaires d’accéder à la pelouse comme exigé par les normes FIFA, pour assurer la bonne croissance du gazon, mais également permettre d’utiliser les énergies naturelles dans le projet.

« Il faut savoir qu’on a utilisé le système le plus performant de pelouse disponible dans le monde actuellement, c’est-à-dire le système hybride. Avec celuici, on a un gazon naturel avec des enracinements artificiels. Par rapport à la récupération des eaux, on a un système de drainage qui récupère les eaux qui s’infiltrent d’abord par un canal périphérique pour une bonne croissance et un bon arrosage de la pelouse, mais ensuite pour parer à tout risque d’inondation de la pelouse afin d’en assurer une longévité », informe-t-il.

La « tête » turque de la SOGIP

Mouhamed Diagne, Ingénieur en Génie civil, a fait ses études en Turquie. « J’ai fait mes études scolaires et secondaires au Sénégal jusqu’à l’obtention du baccalauréat. Ensuite, je suis parti en Turquie pour faire ma formation en Ingénierie. Quand je suis revenu, j’ai intégré un cabinet sénégalais, notamment le Bureau d’Etudes Sahel Ingénierie. Puis, j’ai fourni mes services à une entreprise turque installée au pays. Au bout de deux ans, je suis allé faire une mission de consultance pour un projet de la Banque Mondiale aux Almadies. Et c’est par la suite que j’ai atterri à la SOGIP », résume-t-il son parcours.

Profil : Massamba DIOP INGÉNIEUR EN GÉNIE CIVIL – La griffe sénégalaise préservée !

Profil : Massamba DIOP INGÉNIEUR EN GÉNIE CIVIL – La griffe sénégalaise préservée !

Massamba Diop est parti en France faire son cycle Ingéniorat en Génie civil après son Bac au Sénégal. L’opportunité de participer à la réalisation de grands projets dans son pays s’est présentée, malgré une situation professionnelle stable dans l’hexagone. Ce qu’il n’a pas raté en s’engageant avec la SOGIP. Depuis, il fait partie de l’aventure.

Le plus grand défi de l’équipe technique des ingénieurs de la SOGIP a été de changer la conception du projet et l’adapter aux réalités sénégalaises, à en croire l’ingénieur en génie civil Massamba Diop. La nature de l’accord entre l’Etat du Sénégal et l’entreprise turque SUMMA laissait peu de marge à des modifications sur le projet du Stade du Sénégal, dit-il. Mais en tant que représentant des intérêts nationaux, la SOGIP et ses ingénieurs ont tenu à ce que certains aspects propres aux réalités locales soient pris en compte. « C’est un projet que l’équipe a pris à bras le corps dès le début en termes de conception. Avec l’entreprise détentrice du marché, nous avons fait une quinzaine de soumissions avec des commentaires et, chaque fois, l’entreprise nous a suivis dans nos recommandations. Par exemple, nous avons fait rajouter des bureaux dédiés au staff. Ce dont souffraient la plupart du temps les Officiels tels que la Police, la Gendarmerie. Ils n’ont pas de locaux dans les anciens stades. C’est pourquoi il y a des salles de garde à vue que nous avons fait rajouter dans le projet en même temps que des installations pour le confort des hommes de tenue. Si on reste dans l’actualité, en cas de débordements comme ce qui s’est passé à Rufisque, la Police sur place, avec ses locaux, aura les moyens d’intervenir en masse et de garder à vue certaines personnes suspectes en attendant d’y voir plus clair. Il est prévu des blocs de toilettes à l’intérieur de ces bureaux avec une séparation en Equipe A et Equipe B hommes et femmes », rajoute-t-il.

La presse pas oubliée

Pour la composante du projet du Stade du Sénégal, l’ingénieur nous apprend qu’il y a plusieurs types d’espaces : les espaces spectateurs, les espaces Team c’est-à-dire les espaces sportifs, les espaces VIP et les espaces de la presse. « L’un des problèmes dont souffrait la presse au Sénégal, c’est qu’on n’avait pas prévu de commodités pour les journalistes. Pour cette fois-ci, le stade est doté d’une salle de travail pour la presse en plus d’une salle de conférence avec toutes les commodités requises. À l’intérieur de cette salle de travail, nous avons prévu un restaurant pour les journalistes. Pour la salle de conférence, elle sera entièrement équipée de toutes les installations techniques. Désormais, les Tv n’auront plus besoin de venir avec leur camion satellitaire et des câbles qui trainent partout. Il y a aussi une zone de 400 places réservées à la presse écrite dans les tribunes et une autre dédiée aux commentateurs », renseigne Massamba Diop.

Hormis cela, il est prévu des places VIP pour les grands rendez-vous sportifs qui vont se dérouler dans le stade afin de faire de la rente financière. Le président de la République dispose de sa propre loge. Toutefois, des aménagements ont été apportés pour que ses invités de marque disposent eux aussi de loges prestigieuses juste à côté de la sienne. Un restaurant gastronomique avec des cuisines privées et une terrasse extérieure sécurisée accompagnent les équipements des 40 loges.

Plus question d’uriner sur les murs

Pour les toilettes, les ingénieurs ont opté pour des blocs. Pour chaque bloc, une vingtaine de toilettes hommes et femmes séparées ont été construites. Dans l’ensemble du projet, pour chaque aile, il y a une quarantaine de toilettes. Les personnes à mobilité réduite ont également été prises en compte avec leurs propres toilettes (PMR). Toujours dans cette lancée, des blocs de toilettes supplémentaires sont installés dans le corridor extérieur et même dans les espaces parking, afin de permettre aux spectateurs de se soulager et se concentrer uniquement sur le spectacle une fois entrés. « Tout ceci ne faisait pas partie du projet initial, mais l’insistance et l’argumentaire de l’équipe technique de la SOGIP ont permis de les ramener dans le projet en concertation avec les partenaires turcs pour apporter une touche locale bien claire », a indiqué Massamba Diop.

PROFIL : Kardiatou Basse Ingénieure en Génie civil – L’étanchéité, son dada !

PROFIL : Kardiatou Basse Ingénieure en Génie civil – L’étanchéité, son dada !

Madame Thiaw née Kardiatou Basse est une Ingénieure en Génie civil diplômée de l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar depuis 2012. Après sa formation, elle a intégré le projet de l’Aéroport de Diass en qualité de Slide Manager du Terminal, puis Responsable des radars du même Terminal. Toujours à la recherche de plus de compétences et de savoir, elle a été Responsable technique dans une entreprise d’étanchéité avant d’intégrer une très grande entreprise évoluant dans l’Aménagement au poste de Responsable de Projet pour se retrouver dans le projet du Stade du Sénégal.

Kardiatou Basse ne cache pas sa grande fierté d’avoir participé au projet du Stade du Sénégal. «En intégrant ce type de projet, on y apprend avant même d’apporter sa touche. Je prends, par exemple, l’aspect Mecanical Electronical (MP); je n’y avais pas assez de notions. En intégrant le projet, j’ai beaucoup appris à ce niveau. Parce que c’est un volet qui regroupe de nombreux aspects, notamment la mécanique, l’assainissement, les accès contrôles, la climatisation ou la plomberie », a affirmé Madame Thiaw. Auparavant dans une entreprise des BTP en qualité de Responsable technique, Khardiatou Basse avait assimilé les différents types d’étanchéité et leurs méthodes de pose. Dans la même foulée, elle avait acquis de l’expérience dans l’aménagement, que ce soient les types de remblai, les couches, les tests à faire.

Toutefois, c’est le volet Eau du Stade du Sénégal qui va le plus la marquer. «On a un stade qui va consommer environ 336m3 d’eau domestique par jour. La pelouse, à elle seule, va avoir besoin de 114m3 par jour. Une demande assez forte qui a poussé à installer des réservoirs d’eau au nombre de trois (03) avec une capacité unitaire de stockage de 126m3 pour l’eau domestique et trois (03) autres de 84m3 chacun pour l’irrigation. Maintenant, l’autre spécificité, c’est qu’on a pensé à construire une station de traitement des eaux usées. Toutes ces eaux usées seront collectées au niveau de la centrale de traitement des eaux usées. Ensuite, l’eau traitée issue de ces steppes sera stockée dans deux bâches enterrées qui ont chacune une capacité de 500m3. Et ces deux bâches pourront être utilisées pour les besoins d’irrigation de la pelouse et des espaces verts du projet », a-t-elle souligné.

Khardiatou Basse estime qu’en tant que techniciens, elle et son équipe, leur responsabilité dans ce projet est de faire éviter certains incidents comme les inondations, en respectant les normes internationales. Ainsi, comme conçu par le projet du stade dans ses différents aspects, l’eau des pluies sera drainée : «C’est pourquoi il y a zéro risque d’inondation».

L’ingénieur en Génie civil indique que tout ce qui est bâches à eau servira aux techniciens de maintenance et de jardinage pour disposer d’un arrosage autonome des gazons, mais aussi assurer au projet une autonomie. D’après elle, cette eau pourrait servir, en priorité, aux services des Sapeurs-Pompiers en cas d’incendie. Pour dire que les ingénieurs de la SOGIP mettent le volet sécuritaire en tête des priorités. «On a prévu des locaux médicaux pour les premiers soins en cas de besoin durant un match. Chaque aile du stade a son propre centre médical en plus d’un centre médical commun qui fait six (06) lits pour les premiers soins avant de possibles évacuations par des ambulances disponibles à l’intérieur du stade », a assuré Khardiatou Basse.

Interpellée sur ce qui l’a marqué sur le projet, Khardiatou Basse a mis en avant la polyvalence et la complémentarité des membres de l’équipe technique de la SOGIP qui a su accompagner les différents changements qui ont marqué l’évolution du projet à la base, au stade olympique. «Cela a été dissocié pour donner un stade de football et un terrain d’athlétisme qui se trouve de l’autre côté de Dakar Arena, avec deux terrains d’entrainement, une piste d’athlétisme avec huit (08) couloirs et une tribune de 2000 places. Ce qui fait du projet du stade olympique deux projets distincts », a-t-elle renseigné.

Koussigni Acheni Armel ARCHITECTE : « On a voulu que ce projet reflète l’image et la culture sénégalaises »

Koussigni Acheni Armel ARCHITECTE : « On a voulu que ce projet reflète l’image et la culture sénégalaises »

Kossi Achémi Armel est architecte auprès de la Sogip en tant qu’AssistantConseiller. Diplômé de l’Ecole africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) de Lomé au Togo, il accompagne la Sogip depuis sa création et a participé à la construction de Radisson Blu, Dakar Arena, du Marché d’intérêt national, du Centre d’exposition, de la Gare des gros porteurs et enfin du Stade du Sénégal et ses Annexes.

«Nous avons essayé d’analyser, au niveau du cabinet-conseil en architecture, le projet de fond en comble, avec tous les aspects architecturaux, afin d’identifier les problèmes, pour apporter des solutions sur mesure avec ce qui se fait de mieux comme contreproposition et matériaux», explique d’emblée Kossi Achémi Armel, architecte de son état. Ainsi, poursuit notre interlocuteur, avec les ingénieurs de la Sogip, ils ont pu capter l’attention de tout le monde et proposer des solutions. Ensemble, dit-il, tout a été soumis au cabinet qui a conçu le projet en proposant des critiques et solutions. «C’est un travail collégial. C’est un projet sénégalais fait par des étrangers. Parce que, indique-t-il, même si l’expertise vient d’ailleurs, il faut l’adapter. Tu ne peux pas venir imposer directement», a-t-il ajouté. Toutefois, il revient sur sa participation en tant qu’architecteconseil et l’importance de ce domaine dans ces projets d’envergure. À l’en croire, tout part d’un concept. L’idée de faire un projet comme celui du stade, c’est d’abord l’architecte qui part de l’aspect analytique en identifiant les besoins avant même de concevoir un stade. Il analyse plusieurs composantes de l’équation, pour identifier les besoins des différents acteurs comme les supporters ou les joueurs. Ce travail préalable d’identification des problèmes déjà existants permet à l’architecte de faire des propositions qui intègrent les problématiques avec des propositions de solutions. «Tout ceci entre dans la phase analytique avant même de parler de conception. Dans la phase conceptuelle, il faut respecter les normes avec ce qui se fait de mieux. D’où l’importance de la présence d’un architecte. Les normes de commodités qu’il faut mettre à la disposition de tous ces acteurs, pour les cas des joueurs, ou des vestiaires. Quelles sont les autres commodités qui respectent les normes FIFA ? L’architecte est là pour veiller au respect de ces normes», fait-il savoir.

Les vestiaires : une vraie tanière du Lion

«Dans la phase conceptuelle. On a voulu que ce projet reflète l’image et la culture sénégalaises. C’est un projet modèle avec pas mal de technologie de pointe, mais à travers le côté esthétique et dans la perspective de l’exploitation de l’ouvrage, il y a eu une touche sénégalaise. Dans ce sens, on dispose de quatre vestiaires, ce qui permettra, dans une journée, d’avoir deux matches de football. Et dans ces vestiaires, on a une particularité que d’autres vestiaires n’ont pas, à savoir : une salle de prière pour permettre aux joueurs de se recueillir ; mais également à côté de cela, dès le l’entrée du tunnel des joueurs sénégalais, on a habillé les murs avec des couleurs nationales pour que dès leur entrée, ils se retrouvent chez eux, comme une tanière de Lions», déclare fièrement l’architecte. En plus, grâce à du papier peint, l’ensemble du corridor de la salle de conférence sera tapissé des grands moments et grands noms de l’histoire du football sénégalais. «Cela a été pensé pour galvaniser les joueurs. Qu’ils puissent se dire j’aimerais marquer l’histoire du football sénégalais», espère Kossi Achémi Armel.

À nos morts : Musée Papa Bouba Diop se souvient

Une autre particularité des marques de «sénégalisation» du Stade du Sénégal, c’est le Musée Papa Bouba Diop. Les équipes de la Sogip se sont dit qu’un stade pareil devrait attirer non seulement les joueurs, mais aussi d’autres personnes, pour faire connaître l’histoire du football sénégalais. «Le musée a une fonction ludique, d’exposition. Mais la fonction d’exposition est plus importante pour nous, puisque c’est de là qu’on peut montrer l’histoire du football du Sénégal. On voudrait exposer, par exemple, l’histoire des maillots de l’équipe nationale de football, du plus ancien au plus récent. Autre fonction du Musée, grâce à la présence d’une salle de cinéma dans son enceinte, c’est que les enfants puissent apprendre l’histoire des joueurs tels Jules François Bocandé, El Hadji Ousseynou Diouf ou Sadio Mané, qui ont marqué l’histoire du ballon rond», déclare l’architecte. Il indique que des accessoires de réalité virtuelle pour le côté ludique en faveur des enfants sont aussi présents. Ils pourront s’amuser après une exposition. «Ce sera juste une salle d’exposition des images de l’Équipe nationale, mais pas comme une salle de cinéma à proprement parler. La salle de cinéma est à l’intérieur de la salle du musée. Pour nous, c’est le lieu de partage des moments forts de l’Équipe nationale durant les matches. Ce sera une salle d’une capacité maximale de 30 personnes», précise-t-il.

Autre particularité, c’est au niveau des loges. Le stade en dispose une quarantaine. L’idée a été retenue de donner le nom des différents départements du Sénégal pour chaque loge, mais aussi y associer des numéros comme loge «L2». Toutefois, les deux appellations seront présentes pour que même si c’est un étranger qui a pris la loge, avec son ticket, il puisse se retrouver. Il va de soi que dans les loges dénommées, les occupants y retrouvent une décoration, des aménagements qui renvoient au département.

En définitive, pour l’architecte Kossi Achémi Armel, ce projet du Stade du Sénégal est une vraie fierté pour l’Équipe Sogip et le Sénégal. Le pays de la Téranga a fait confiance à de jeunes ingénieurs locaux qui ont participé à construire un patrimoine national. Le regret qu’il a est le manque d’exposition que ces têtes subissent. «On n’en parle pas beaucoup, et pourtant, tout ce qu’on a réalisé ici est un travail de longue haleine, dans une approche participative entre la Sogip et Summa. Chacun y a mis du sien. C’est une fierté de voir ce projet sortir de terre et de se dire “j’y ai participé” », conclut le conseil.